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L'Institut Ramon Llull a pour objectif la diffusion de la langue catalane et de sa culture sous toutes ses formes et moyens d'expression. L'Institut Ramon Llull est un consortium composé de la Generalitat (Gouvernement) de Catalogne, du Gouvernement des îles Baléares et de la Mairie de Barcelone.

Une saison pour la création scénique catalane au théâtre Garonne de Toulouse

Arts de la scène.  Toulouse,  30/06/2020

Attaché à rendre visible la démarche d’artistes contemporains confirmés, comme à rendre possible l’émergence d’esthétiques innovantes, le théâtre Garonne s’est consolidé comme un lieu de diffusion des nouvelles écritures dramatiques, avec la programmation de créations parfois largement diffusées sur les scènes internationales. Pendant les saisons 2020 et 2021 il accueille sept spectacles en provenance de Catalogne à la charge de compagnies emblématiques qui ont interrogé les codes scéniques, l’écriture dramatique, ou encore la place des spectateurs : Azkona-Toloza, Cabosanroque, Baró d’Evel et El conde de Torrefiel.




Déjà en février et mars dernier, le théâtre Garonne plongeait les spectateurs dans l’univers de la possession et ses implications sociales, esthétiques, biologiques et finalement théâtrales grâce à l’installation Démons de Cabosanroque qui récréait l'appartement dans lequel Jacint Verdaguer, poète romantique catalan, a participé à des séances d’exorcisme qu’il a soigneusement consigné. Le duo Laia Torrents et Roger Aixut a conçu un univers étrange, mêlant sculptures, écrans, objets musicaux et parlants, images, bassins, orchestre percussif d'animaux gonflables, mécanismes originaux... pour orchestrer une cérémonie sonore et visuelle qui avait largement séduit de public.

La crise sanitaire a un peu arrêté cet engouement, mais Cabosanroque sera de retour au théâtre Garonne du 16 septembre au 11 octobre avec une nouvelle installation inspirée par leur première visite des galeries du théâtre : une « cobla patafísica ». Si la cobla est l’ensemble musical qui interprète la sardane, avec un sound system de onze instruments, dans sa version pataphysique c’est un essaim de statues sonores, une collection de sons, un Wunderkammer de bruits jamais entendus, le cabinet d’un collectionneur qui vient nous parler de civilisations disparues ou imaginaires, et, comme l’eau, nous aider à appréhender le vide entre les voûtes du souterrain et le sol du théâtre Garonne.

Ce spectacle s’inscrit dans le cycle « A bas bruit », une série de rendez-vous proposée à partir du 2 juillet prochain, qui s’inventera tout au long de la saison 2020-2021. Chaque trimestre, trois ou quatre artistes seront conviés à inventer, dans les magnifiques sous-sols du théâtre, une forme courte – très souvent, une étude préparatoire à une production en cours, parfois un bref récital concocté pour la circonstance – et à la présenter à un petit contingent de spectateurs, plusieurs fois par jour.

Dans ce-même dispositif, du 23 juillet au 2 août la compagnie francocatalane installée près de Toulouse Baro d’evel, en collaboration avec le guitariste Nicolas Lafourest -création sonore de Bestias- et sous le nom du groupe La Cachette présentera un projet musical qui élargit les pratiques fondatrices de la compagnie : l'engagement du corps, de la voix et du rythme, le travail sur la matière et la transformation des espaces, au service d'une rencontre au présent avec le public. Ce qui rassemble ce trio c’est la nécessité d’une authenticité dans la musique, ils cherchent à créer des espaces sonores, les chansons sont comme des mises à nu, elles doivent naître d’un état et les personnalités de chacun portent à la scène l’émotion accompagnées par la guitare électrique, la voix, l’harmonium et la percussion.

Par ailleurs, Baro d’evel est aussi programmé plus tard dans la saison avec et au Théâtre de la Cité, du 27 mai au 2 juin 2021, avec Falaise, le second volet du diptyque « Là sur la Falaise », dont le premier fut présenté à Garonne en 2018. Si Là mettait en scène deux humains et un corbeau pie propulsés dans un espace blanc et vide donnant corps à une langue commune, organique, poétique, souvent très drôle, rythmée par les pulsations intérieures, Falaise en montre plutôt l’envers. Nous sommes passés de l’autre côté du mur, de l’autre côté du monde. La vie grouillante qui déborde des parois n’a pas dit son dernier mot. Et dans les interstices d’un monde en ruine, elle invente du nouveau.

 Ils seront précédés en septembre 2020 et avril 2021 respectivement par deux autres créations en provenance de Barcelone : Tierras del Sud du duo Laida Azkona Goñi et Txalo Toloza-Fernández et La posibilidad que desaparece frente al paisaje de El Conde de Torrefiel.

À travers leur performance-documentaire, Laida Azkona Goñi et Txalo Toloza-Fernández donnent à voir et à entendre un voyage au cœur d’un continent, d’un territoire, d’une culture avec un sens du minimalisme fabuleux. Au plateau, rien n’est spectaculaire, tout est symbolique, l’essence de la chose théâtrale s’offre généreusement à nous. Ces arpenteurs d’histoires humaines retracent l’histoire de la Patagonie, région d’Argentine, avec comme point de départ, le processus de récupération des terres ancestrales vendues aux puissances étrangères. Deuxième volet de la trilogie « Pacífico », Tierras del Sud aborde les nouvelles formes de colonialisme et la violence qu’elles provoquent en évoquant la résistance des Mapuches contre l’oppression de l’empire Benetton.

La posibilidad que desaparece frente al paisaje (La possibilité qui disparaît face au paysage en vf) entraîne le public dans une traversée distanciée de l’Europe en dix villes-étapes : Madrid, Berlin, Marseille, Lisbonne, Kiev, Bruxelles, Thessalonique, Varsovie, Lanzarote et Florence. Défilent ainsi des tableaux-paysages mouvants, fragments (plus ou moins) décalés de la vie moderne, auxquels quatre interprètes masculins donnent corps, sans parler, dans une scénographie épurée à l’extrême. Ecrit par Pablo Gisbert, co-directeur artistique d’El Conde de Torrefiel, un texte intervient parfois en contrepoint de l’action de deux façons différentes : dit en voix-off par une femme ou projeté sur un écran. Se référant à Michel Houellebecq, Paul B. Preciado, Mary Midgley ou encore Zygmunt Bauman, des observations sur le rôle de l’art, le pouvoir de l’économie ou l’empreinte de l’Histoire se superposent aux scènes et en modifient la perception. Via ce dispositif dialectique, mi-contemplatif mi-réflexif, la pièce – teintée d’humour noir et de poésie étrange – sonde en profondeur les images de la réalité autant que la réalité des images.

Après ce premier spectacle en avril, El Conde sera tout de suite de retour à Toulouse pour participer au festival In Extremis, organisé depuis de nombreuses années par le théâtre Garonne comme un surprenant patchwork de formes et d’esthétiques qui pour l’édition 2021 et de faón extraordinaire sont placées sous le leitmotiv de l’hospitalité.Tout au long du mois de mai 2021, une dizaine d’artistes investiront la ville, inventeront, partageront et présenteront spectacles, installations, concerts, comme autant de réponses possibles à ces questions que le « monde d’après » nous pose dès à présent.

Tanya Beyeler et Pablo Gisbert y présenteront Kultur, une installation performative minimaliste à la configuration particulière. Sur le plateau, l’action consiste en un casting de film X réalisé en direct sans trucage ni faux-semblants. Dans la salle, chaque spectateur.trice regarde la scène avec un casque audio sur les oreilles et entend un texte en simultané. Signé Pablo Gisbert, le texte est dit par une femme sur un ton à la neutralité enveloppante. Conduit principalement à la deuxième personne du singulier, ce monologue intérieur s’articule autour du projet d’un livre intitulé Kultur dont le début montrerait une femme en train de passer un casting pour un film X. Au-delà, s’élargissant in fine au monde entier, il exprime un point de vue détaché sur (le sens de) la vie, la relation à soi et aux autres, l’obscénité, les addictions, les écrans... Caractéristique de l’univers scénique éminemment dialectique d’El Conde de Torrefiel, le dispositif en abîme de Kultur instaure ainsi un jeu distancié entre ce qui se voit et ce qui s’entend, entre la sphère privée et la sphère publique, entre l’individuel et le collectif, entre la réalité et la fiction.

Bios

Depuis 12 ans, le duo Cabosanroque, composé de Laia Torrents et Roger Aixut, est le plus connu des représentants de la musique expérimentale catalane. Sur scène, ils sont accompagnés d’un instrumentarium de leur fabrication, composé de trois armoires remplies d’électronique, ressorts, plaques de métal, percussions, machine à écrire et même un crâne de chien, le tout contrôlé par Laia, aux claviers. Le son industriel de leur installation électroacoustique produit des pièces instrumentales sombres au rythme écrasant sur lesquelles guitare, clavier et voix s’entrechoquent. Cabosanroque a collaboré et collabore avec de nombreux musiciens internationaux comme Vinicio Capossela, Pascal Comelade, Pierre Bastien, Carles Santos et bien d’autres.

Camille Decourtye et Blai Mateu Trias fondent la compagnie Baro d’evel en 2000. Pour leurs créations, ils convoquent conjointement le mouvement, la musicalité, la conception d’espaces singuliers et la rencontre au plateau des humains et des animaux.

Guitariste autodidacte, Nicolas Lafourest est un musicien à la pratique instrumentale singulière et instinctive, à l’énergie brute, âpre et impulsive. Un mode de jeu intime et direct où les intentions oscillent entre atmosphères sentimentales, déconstructions expérimentales et rengaines brisées, distordues. Une musique aux motifs répétitifs, bruitistes, mélodiques mêlant sans cesse tension et fragilité, douceur et rugosité.

Azkona-Toloza ce sont deux artistes qui partagent leur temps entre Barcelone, Pampelune et le désert d'Atacama. Leur travail est interdisciplainaire : performance, arts visuels et sonores… Ils ont travaillé avec la performeuse Sònia Gómez, avec le metteur en scène Roger Bernat et la compagnie mexicaine de théâtre documentaire Lagartijas Tiradas al Sol. Ils ont créé Strange Seas Burning et Tierras del Sud. Sa trilogie sur l’exploitation néocoloniale par les grandes enseignes globales  sera complétée ce mois de juillet avec la création au festival Grec de Barcelone de Teatro Amazonas.

Pablo Gisbert et Tanya Beyeler fondent El Conde de Torrefiel en 2010 à Barcelone. Auteurs de théâtre, musiciens, performers et vidéastes, ils conçoivent des pièces hybrides aux partis pris audacieux et novateurs qui les font évoluer à la pointe de la scène européenne, bénéficiant d’une ample reconnaissance à l’échelle internationale. La compagnie entrecroise théâtre, danse, arts visuels, musique, littérature et sciences humaines pour constituer un langage scénique d’une radicale singularité. A la fois minimalistes et sophistiquées, en rupture avec les formes usuelles de représentation, leurs créations traduisent une grande exigence esthétique, doublée d’une conscience aigüe de l’humain et du politique. Sollicitant une attention active de chaque spectateur.trice, elles creusent en particulier la question – si sensible aujourd’hui – du vivre-ensemble.

 

Musique, La Cachette : Baro d’evel + Nicolas Lafourest, du 23 juillet au 2 août 2020

La cobla patafísica, Cabosanroque, du 16 septembre au 11 octobre 2020

Tierras del Sud, Azkona&Toloza, du 17 au 19 septembre 2020

La possibilidad que desaparece frente al paisaje, El Conde de Torrefiel, du 1 au 3 avril 2021

Kultur, El conde de Torrefiel, du 13 au 15 mai 2021

Falaise, Baro d’evel, du 27 mai au 2 juin 2021

 

Théâtre Garonne

1, avenue du Château d’eau 31300 Toulouse

Billetterie & accueil + 33 (0)5 62 48 54 77 / contact@theatregaronne.com


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