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L'Institut Ramon Llull a pour objectif la diffusion de la langue catalane et de sa culture sous toutes ses formes et moyens d'expression. L'Institut Ramon Llull est un consortium composé de la Generalitat (Gouvernement) de Catalogne, du Gouvernement des îles Baléares et de la Mairie de Barcelone.

Le folkloriste Michael Mason, la traductrice Annie Bats, et le professeur et traducteur Ko Tazawa, prix Ramon Llull 2019

Culture.  Andorra,  13/12/2019

La Fondation Ramon Llull a remis ce vendredi à Andorre les Prix Internationaux Ramon Llull, destinés à reconnaître des personnes ou des institutions sises hors du domaine linguistique qui ont travaillé à la promotion internationale de la langue et de la culture catalanes. Les lauréats de cette huitième édition ont été le folkloriste nord-américain Michael Mason (Prix à la Promotion Internationale de la Création Catalane), responsable du Smithsonian Folklife Festival qui a lieu au National Mall de Washington ; la traductrice française Annie Bats (Prix de Traduction Littéraire), reconnue pour l’adaptation au français d’Ogre de toi (Llefre de tu), de l’écrivain majorquin Biel Mesquida ; et le professeur japonais Ko Tazawa (Prix de Catalanistique et à la Diversité Linguistique), traducteur, écrivain et formateur d’experts en catalanistique au Japon.




L’acte de remise s’est déroulé à l’Auditorium National d’Andorre, à Ordino, au cours d’un acte qui a compté la participation de Monsieur Vicenç Villatoro, directeur de la Fondation Ramon Llull ; de Madame Iolanda Batallé, directrice de l’Institut Ramon Llull ; de Monsieur Agustí Alcoberro, président de la Fondation Congrés de Cultura Catalana et de Monsieur Xavier Espot, chef du gouvernement d’Andorre.

« Tomber sous le charme d’une langue, d’une culture, c’est tomber sous le charme des personnes qui nous les font connaître. Ces personnes, aujourd’hui, sont les lauréats et les lauréates », a affirmé Iolanda Batallé, qui a ajouté que la mission de l’Institut Ramon Llull est de « partager l’amour et le respect pour la langue, la culture et la littérature de tous les territoires de langue catalane ».

Monsieur Vicenç Villatoro, directeur de la Fondation Ramon Llull, a expliqué que « la Fondation Ramon Llull est l’espace de rencontre entre les institutions publiques de tous les territoires de langue catalane qui veulent être ensemble parce qu’elles se sentent engagées par une raison : la langue et la culture catalanes ». En ce sens, les prix supposent « la reconnaissance de personnes et d’organismes qui se sont engagés envers la diffusion extérieure de la langue et de la culture catalanes », un domaine pour lequel Monsieur Villatoro a voulu « remercier les efforts des ambassadeurs qui comprennent et expliquent notre culture avec empathie et affection dans le monde entier », et il a ajouté que « nous avons besoin, peut-être plus que jamais, que quelqu’un nous explique à l’extérieur ».

« La langue et la culture en catalan se sont distinguées par le fait d’avoir toujours eu une forte projection internationale », comme l’a souligné, par la suite, Monsieur Xavier Espot, chef du gouvernement d’Andorre. « Cette vocation de pont et de rencontre, que sans doute possèdent la langue et la culture catalanes, est en accord avec l’esprit de l'Andorre et la mission historique de notre pays. Nous sommes un pont entre deux pays des Pyrénées et un espace de rencontre, de liberté et de respect, les éléments indispensables à la création culturelle ». Monsieur Espot a également rappelé que l'acte est tenu à Ordino, lieu où Jacint Vedaguer écrivit certains des vers les plus importants du Canigó, une des grandes œuvres de la littérature catalane.

Michael Mason et la « vitalité impressionnante » de la culture populaire

Le Prix à la Promotion Internationale de la Création Catalane récompense une personne ou une institution de l’extérieur qui s’est distinguée pendant sa trajectoire par une sensibilité spéciale envers la culture catalane et qui a favorisé sa visibilité dans le cadre international. Le prix est doté de 4 000 euros. Le jury a décidé de concéder le prix à Michael Mason, « qui s’intéresse à la culture catalane de manière vitale », comme l’a souligné Monsieur Villatoro.

Depuis ses origines, en 1967, le Folklife a essayé de toujours inclure les cultures minorisées. « Pour nous – a indiqué Mason –, la diversité culturelle est une valeur internationalement importante et très puissante et, dans ce cas, une des meilleures formes d’expliquer au public les différences qui existent au sein de l’Ibérie ».

« J’ai toujours ressenti une empathie envers la culture catalane, à laquelle je suis très reconnaissant », a poursuivi le folkloriste. « La présence catalane au festival a été une opportunité pour que les gens commentent la culture du pays ». En ce sens, la culture populaire catalane « a une vitalité impressionnante, avec un niveau d’engagement très élevé, ce qui m’émeut », a-t-il souligné.

Monsieur Villatoro a voulu souligner les deux valeurs ajoutées du prix concédé à Mason. D’une part, que le festival est réalisé aux États-Unis, « la plus grande scène imaginable pour la projection extérieure d’une culture ». De l’autre, « parce que rarement la culture populaire réussit à se faire une place dans la programmation d’événements. Et cela démontre que la culture populaire catalane sert également à expliquer des choses d’actualité ».

Annie Bats et la traduction comme lutte

Le Prix Ramon Llull de Traduction Littéraire est convoqué par la Fondation Ramon Llull et reconnaît l’auteur de la meilleure traduction littéraire du catalan publiée l’année avant celle de l’appel à convocation. Peuvent opter au prix les œuvres littéraires traduites du catalan et publiées l’année précédente, de paternité exclusive. Le prix a une dotation de 4 000 euros et il est revenu à la traductrice française Annie Bats pour l’adaptation d’Ogre de toi (Llefre de tu), de l’écrivain majorquin Biel Mesquida.

« Une œuvre difficile a été récompensée. C’est une œuvre exigeante, poétique, où la qualité littéraire de l’original pèse énormément », a reconnu Annie Bats. Spécialement intéressée par la poésie, la traductrice met en valeur de son travail « le labeur de recréation ». « C’est une lutte : la traduction n’est pas seulement un transport, mais le rapport entre le texte original et celui de la langue cible, ainsi que le rapport qui s’établit entre le traducteur et l’auteur ». Ceci fait que Madame Bats soit très heureuse du résultat final avec l’œuvre concrète de Mesquida : « travailler avec Biel a été très intéressant et gratifiant ».

« Après avoir épuisé toutes les ressources linguistiques du dictionnaire Alcover-Moll, j’ai dû faire appel à lui  – indique Bats, quant à la relation établie avec l’auteur. L’original contient beaucoup de jeux avec la langue, de résonances, de rythmes et un choix des mots qu’il doit expliquer lui-même. Sinon, ils seraient pour moi pratiquement indéchiffrables ou juste devinés ». «  Il faut aussi souligner que l’œuvre de Biel est un hommage très clair à la littérature française, nous pouvons donc dire qu’avec cette traduction elle a fait son chemin ».

Monsieur Villatoro a mis en valeur la « richesse et la difficulté » de la traduction de l’œuvre en soi et, aussi, le fait qu’elle ait été traduite au français, « une des portes les plus importantes d’entrée au monde ».

Ko Tazawa, la connexion entre le Japon et la Catalogne

Le Prix International Ramon Llull de Catalanistique et à la Diversité Linguistique, qui fête sa 29e édition, a pour objectif de mettre en valeur l’ensemble de l’œuvre individuelle d’une personne sise hors du domaine linguistique, écrite dans n’importe quelle langue, et qui a signifié une notable connaissance de la réalité historique et culturelle catalane, ou l’apport théorique ou pratique d’une personne de n’importe quel pays qui a signifié une importante contribution à la connaissance, reconnaissance, promotion ou défense d’une ou plusieurs cultures et nations sans état.

Le prix est concédé conjointement par la Fondation Ramon Llull et la Fondation Congrés de Cultura Catalana, avec une dotation de 6 000 euros, et cette année il est revenu au professeur, traducteur et diffuseur japonais Ko Tazawa, absent de la remise des prix pour des raisons de santé, et une personnalité qui accumule les mérites comme « le dévouement à la catalanistique et un travail extraordinaire sur la création de liens entre la langue et les cultures catalane et japonaise ».

« Maintenant que nous vivons préoccupés par la crise climatique et les catastrophes qu’elle implique, les réflexions de Tazawa, qui est un grand homme pont, nous préviennent de choses qui ne doivent plus jamais se reproduire », comme l’a exprimé Madame M. Carme Junyent lors du discours sur le lauréat.

Vous pouvez lire ici un entretien complet à Ko Tazawa.

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