Institut Ramon LLull

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Raül-David Martínez
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L'Institut Ramon Llull a pour objectif la diffusion de la langue catalane et de sa culture sous toutes ses formes et moyens d'expression. L'Institut Ramon Llull est un consortium composé de la Generalitat (Gouvernement) de Catalogne, du Gouvernement des îles Baléares et de la Mairie de Barcelone.

La Filature, scène nationale de Mulhouse, consacre son festival Vagamondes à la création catalane

Littérature.  Mulhouse,  14/01/2020

Pour sa huitième édition, ce festival consacré aux cultures du pourtour méditerranéen à la croisée des arts et des sciences humaines, propose du 14 au 25 janvier 2020 en collaboration avec l’Institut Ramon Llull un focus sur la création catalane avec neuf spectacles qui rendent compte du moment actuel de la création scénique catalane dans toute son ampleur : depuis les installations et les créations audiovisuelles de Cabosanroque ou Señor Serrano, à une sélection chorégraphique en grand écart allant de l’influence des réseaux sociaux chez Núria Guiu et Cris Blanco à la déconstruction des danses traditionnelles par Sonia Gómez en passant la célébrité de La Veronal ; depuis l’engagement enragé de la performeuse Agnès Mateus à l’intimisme circassien de Los Galindos, sans oublier la rumba catalane de Perpinyà avec Tato Garcia !




Dans cette Barcelone ville-monde géographiquement et historiquement tournée vers la Méditerranée, cité cosmopolite où s’exercent de multiples influences, mais aussi dans la Catalogne dans son ensemble, émerge actuellement une nouvelle génération d’artistes qui, malgré la crise de 2008, a su se développer, investir des friches industrielles, organiser des festivals internationaux et inventer des esthétiques singulières.

Excentrique, surprenante, drôle, joviale, anti-conventionnelle sont autant de qualificatifs qui caractérisent une culture catalane revenue sur le devant de la scène européenne. Car les petits-enfants d’Antoni Gaudi et de Salvador Dali – riches d’une culture spécifique ancrée dans leur histoire – croisent modernité et tradition avec talent, tout en prenant un malin plaisir à faire la fête.

Dans cette édition, il sera également question d’une autre ville tout aussi effervescente, située juste en face de Barcelone tout au bout de la Méditerranée. Pendant deux semaines, une quinzaine de spectacles, mais aussi des expositions, films, rencontres et conférences à La Filature et chez de nombreux partenaires permettront d’entrer de plain-pied dans cette émulation intellectuelle régénérante.

 

La programmation catalane du festival :

 

Démons, de Cabosanroque.

Il faut bien une excentricité exacerbée comme seule la scène catalane sait en produire pour faire émerger un groupe tel Cabosanroque. Laia Torrents et Roger Aixut forment un duo des plus singuliers qui soient. Leurs créations s’apparentent autant à des installations musicales qu’à des cérémonies sonores qui iraient chercher leur légitimité du côté du noise rock, du post-punk ou encore de la musique industrielle.

Depuis une dizaine d’années qu’ils assemblent différents mécanismes reliés à des percussions de récupération, ils inventent des machines musicales automatisées qui semblent dotées d’une âme toute particulière. Ressorts, plaques de métal, verres, roulements à billes s’entrechoquent dans un ballet à la dramaturgie parfaitement étudiée.

C’est donc tout naturellement qu’ils se tournent aujourd’hui vers le « Prince des poètes catalans » Jacint Verdaguer pour imaginer Démons. Verdaguer, qui était également ecclésiastique, participe de 1890 à 1893 à des séances d’exorcisme dans un appartement de Barcelone au cours desquelles il prend des notes. Démons est l’interprétation sonore de ces textes dans un dispositif qui s’inspire de l’espace même de ces séances. Au-delà de tout mysticisme religieux, c’est le dialogue qui s’engage à l’aide d’objets rituels (croix, eau, feu, cœur, chaînes) qui intéresse les auteurs de cet assemblage percussif dans lequel le spectateur est invité à circuler.

Tout au long du festival du 14 au 25 janv.

Du mardi au vendredi à 12h30 + 18h + 19h et les 2 samedis à 15h + 16h + 17h + 18h + 19h + 20h (sauf mardi 14 janv. à 18h + 20h + 21h)

 

Pasionaria, de La Veronal

Une fenêtre ouvrant sur la nuit et ses mystères ainsi qu’un escalier occupant l’espace central d’une scénographie omniprésente suffisent à créer une ambiance des plus étranges. Sommes-nous dans un film d’Hitchcock ? Dans un univers futuriste ? Des hommes cagoulés font irruption. Un téléphone sonne, énigmatique. Gestes saccadés et mouvements mécaniques se multiplient avec virtuosité sans que l’on sache très bien s’ils sont ceux de cambrioleurs, de surveillants de musées ou de vigiles. Les huit danseurs de cette Pasionaria semblent capables de toutes les prouesses techniques, mi-contorsionnistes mi-pantins désarticulés, à tel point que le doute s’instille insidieusement sur la part d’humanité qu’il leur reste. S’agirait-il d’androïdes ? Sont-ils encore aptes à ressentir de la douleur, à éprouver des sentiments ? Depuis quelques années, le chorégraphe Marcos Morau et sa compagnie La Veronal connaissent une consécration internationale. Leurs pièces dansées sont de grandes compositions richement imagées, très visuelles et incarnées. D’un baroque parfois volcanique, sulfureux. Cette nouvelle fresque chorégraphique intrigue et interroge.

Le mercredi 15 janvier 2020 à 20h

 

Kingdom, de Agrupación Señor Serrano

De quoi Kingdom serait-il le royaume ? Avec son esprit irrévérencieux, Àlex Serrano aborde la question des crises économiques en jouant avec le mythe de King Kong qu’il transforme en symbole poilu et vorace, viril et insatiable d’un capitalisme éperdu.

Et de quoi se nourrit ce monstre ? De bananes, de centaines de bananes, sucrées et magnifiques. King Kong et les bananes, deux totems d’un même système, deux bêtes inassouvissables qui grandissent sans limite, dévorant tout sur leur passage ; icônes d’un système qui ne peut arrêter de s’accroître, quitte à nous mener à notre perte.

L’esprit est disons-le tout sauf sérieux. Les comédiens-manipulateurs arpentent la scène avec la volonté d’en découdre. Provocateurs aux allures de punks échoués dans un théâtre bourgeois, ils dansent sur les ruines d’un royaume déchu. Perdus pour perdus, autant faire la fête et se moquer gentiment de la grosse bête que notre société insatiable est devenue.

Lion d’Argent à la Biennale de Venise en 2015, Agrupación Señor Serrano développe un théâtre protéiforme mêlant maquettes et technologies pour concevoir des projections auxquelles les interprètes ajoutent trucages, bruitages et musique électro exécutée en direct.

Le vendredi 17 janvier 2020 à 20h

Théâtre de la Sinne à Mulhouse

 

Bad Translation, de Cris Blanco

Au commencement, il n’y avait rien que du noir. Et puis le bureau d’un ordinateur Apple apparut. Comment traduire notre culture digitale dans notre univers physique ? Comment rendre tangibles nos existences électroniques – notifications Facebook, conversations Skype, recherches Google, covers YouTube… – sans recourir au moindre ordinateur ? Bad Translation propose une solution radicale et géniale à base de pop-up en carton-pâte.

Dans cet environnement Mac hurlant de vérité, les fichiers sont des pancartes, la corbeille est vraie, la luminosité de l’écran est celle des projecteurs du théâtre. Armés de perches, de micros et de caméras, les cascadeurs-danseurs donnent vie aux rouages informatiques, chantent, empilent les pixels, un peu comme si on observait au microscope. Dans cette fable « moins 2.0 » drôle et dérangeante, le film d’horreur n’est jamais loin.

Cris Blanco est une artiste touche à tout. Madrilène installée à Barcelone, elle crée depuis 2003 des performances inclassables. Se mettant en scène, elle mêle la danse, le théâtre et le cinéma, se plait à transformer les codes et les objets, mélanger les genres, la musique live, les illusions d’optique et la science-fiction tout en dévoilant les mécanismes de son théâtre « low tech ».

Le samedi 18 janvier 2020 à 19h

 

Likes de Núria Guiu Sagarra + A vore de Sonia Gómez & Ramon Balagué

Qu’est-ce qu’un corps en mouvement peut bien avoir à dire de notre monde ? Utilisant des perspectives radicalement différentes, les deux chorégraphes de cette soirée répondent chacune à leur manière à cette question.

Likes prend sa source dans une analyse socio-anthropologique d’un phénomène de société : les tutoriels sur Internet qui donnent les clés d’une chorégraphie pour que des amateurs rivalisent avec des professionnels. Interrogeant ces pratiques, Núria Guiu Sagarra propose une réflexion autour de la valeur du « like » (un simple clic permettant de promouvoir une vidéo). Magnifique danseuse, elle invente une écriture pop acidulée qui questionne la place du corps et de son image dans un univers de plus en plus virtuel et mondialisé tendant à unifier les goûts et les pensées.

A vore (À voir) regarde quant à lui du côté des traditions culturelles autochtones d’une région de Catalogne, laquelle a su résister à l’assaut de la mondialisation. Aucune nostalgie dans ce regard vers des danses et musiques qui viennent du passé. Loin d’un amour folklorique pour des usages fossilisés, Sonia Gómez et Ramon Balagué, accompagnés de musiciens et de danseurs, font se rencontrer tradition et contemporanéité pour les vivre à travers l’intensité du présent.

Le mardi 21 janvier 2020 à 20h

 

UduL, de Los Galindos

Tout se déroule dans une toute petite yourte où s’installent moins de 100 personnes. Surface de la piste de bois circulaire ? 3,50 mètres de diamètre !

Cela signifie également que le spectacle qui se déploie à portée de main est un anti-spectacle. Sous la toile tendue, pas de show sophistiqué. Ce qui se passe a lieu sur la terre ferme, même si celle-ci tangue aussi fort que la quille d’un navire sous les bonds et rebonds. Les clowns-circassiens font de l’essai et du ratage l’essence même de leur hilarante représentation.

La compagnie Los Galindos réconcilie le cirque avec ses origines : l’artisanat et la farce. Ses interprètes ne sont pas tous de première jeunesse ? Peu importe. Ils ne brillent pas de mille paillettes ? Encore mieux ! Il y a, dans ce charivari émotionnel populaire et à visage humain, l’humilité d’un art qui aime rire de lui-même.

Les jeudi et vendredi 23 et 24 janvier 2020 à 19h. Le samedi 25 janvier 2020 à 15h et à 18h.

À l’Afsco – Espace Matisse, à Mulhouse

 

Rebota, rebota y en tu cara explota, d’Agnès Mateus et Quim Tarrida

Performance pour le moins percutante. Si l’on rit devant cette représentation déjantée de la violence faite aux femmes, on rit souvent jaune, car le sujet est évidemment loin d’être léger. En Espagne, où deux femmes sont assassinées chaque semaine, on assiste enfin à une prise de conscience de ce fléau qui ne connait pas de frontières. Peut-être même un peu plus qu’ailleurs, car une vaste mobilisation voit depuis deux ans des femmes exprimer ouvertement leur colère.

Salué par les critiques et récompensé par de nombreux prix, le spectacle sait se montrer irrévérencieux et n’hésite pas à s’en prendre au verbe lui-même et démonter avec pédagogie les archétypes de princesses. Seule en scène, la performeuse catalane Agnès Mateus aborde frontalement la question et expose la situation des femmes, tour à tour injuriées ou bêtifiées. Avec violence, mais sans agressivité, elle dénonce la passivité et l’indifférence. Un spectacle rythmé comme un combat de boxe, dérangeant et nécessaire.

Le jeudi 23 janvier 2020 à 19h et le vendredi 24 janvier 2020 à 20h.

 

Antoine « Tato » Garcia

La musique est omniprésente dans la communauté gitane est intimement liée aux cérémonies ponctuant la vie des personnes : baptêmes, fiançailles, mariages. C’est lors de ces événements que l’on repère les jeunes pousses qui seront les artistes de demain.

Guitariste, chanteur, auteur, compositeur, interprète, Antoine « Tato » Garcia apprend la guitare dès l’âge de 7 ans aux côtés de son frère José et des musiciens gitans de Perpignan. Aussi à l’aise dans les juergas que sur scène, Tato développe son propre style et devient dès lors un fervent ambassadeur de la rumba catalane, cette musique populaire née dans les années 60 dans les quartiers gitans de Barcelone du métissage entre le flamenco, le son cubain et les chants mélismatiques méditerranéens.

Entre émotion et flamboyance, intensité et magie, sa musique est un vibrant appel à s’affranchir des frontières, qu’elles soient géographiques ou artistiques, et à s’ouvrir au partage et à la fête. Pas étonnant que le cinéma se soit emparé de ses chansons pour en faire de sublimes accompagnatrices d’images de Tony Gatlif (Exils ou Geronimo), Alexandre Arcady (Ce que le jour doit à la nuit), ou encore Agnès Jaoui (Place publique).

Le samedi 25 janvier 2020 à 21h.

 

Programmation complète du festival, informations pratiques et billetterie : ICI.

La Filature, Scène nationale

20 allée Nathan Katz

68100 Mulhouse


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